1986: texte intégral
LE CHRIST EN ALGERIE
Non publiée par l'Actualité, l'un des quotidiens gouvernementaux
Comme tout algérien épris de justice et de liberté, je voudrais exprimer tout haut ce que j'estime important :
1) En tant qu'algérien tout cours:
L'unité nationale est une valeur sacrée, une donée de base à la fois stratégique et vitale à la quelle j'adhère pleinement. Cependant, je ne peut croire que l'Islam ou autre religion puisse jouer le rôle de ciment de la nation. C'était valable du temps de la colonisation française. Mais ce qui était facteur d'unification c'est transformé en facteur de division et de troubles sociaux réels et potensiels. Témoins l'hostilité violente qui anime les frères musulmans à l'égard du reste des hommes (répandu à l'échelle mondiale); témoins également l'inégalité devant la loi des hommes et des femmes par l'application de la "charâa islamia" ; témoins encore les prêches souvent offensantes des "cadres du culte musulman" envers les personnes adhérants à d'autres religion ou n'adhérants simplement pas à l'Islam; ect...
Une discrimination religieuse est crée et entretenue par des responsables puissants musulman. c'est ainsi que toute personne n'adoptant pas la même philosophie qu'eux est condamnée à "la mise à l'index". A tel point que des traditions sont nées à force de vide culturel et d'omniprésence religieuse par médias interposés, des traditions disais-je qui se révèlent beaucoup plus comme étant les symptômes d'un esclavage mental, d'une alinéation, que l'expression d'une volonté personnelle et libre. Prenons à titre d'exemple ce curieux tabou: Qui peut dire sans éprouver de la gêne ou même de la peur "je ne suis pas musulman"? très peu de gens, et pourtant, ceux qui font suivre " leur" prétendu foi par la pratique des actes sont si peut nombreux.
Je désire une séparation de la religion et de l'Etat. Si une idéologie est nécessaire, que ce soit celle de l'unité nationale basée sur la garantie de tous les droits fondamenteaux de l'homme et sur une démocratie saine et véritable. rappelons-nous, pour ceux qui croient en Dieu, que la liberté avec un grand "L" n'a été inventé ni par l'homme, ni par le diable mais par Dieu, (jadin d'Eden) qui en est le créateur. Seul un homme libre devient responsable et passible de justice, humaine ou divine. Mais liberté d'abord !
2) En tant qu'algérien chrétien:
Cela doit surprendre certaines personnes, mais des chrétiens algériens d'origine, cela existe ! j'en suis un et je me propose de répondre à la curiosité de beaucoup en me définissant. je tiens à démontrer par la même, que la question du choix d'une religion est une affaire strictement personnelle et intime, les éléments présidant à ce choix étant de même nature que ceux qui font que l'on ne peut vivre un mariage d'amour qu'avec une personne unique et particulière.
J'ai été musulman de tradition, brandissant en bon élève du conformisme l'argument de " Mouchrikines " et/ ou de " Âadou-Allah " (ennemis de Dieu) envers et contre les occidentaux ou les représentants d'autres religions. Pourtant j'étais lié malgré moi et de manière évidente à des vices et des sentiments qui faisaient de moi un délinquant, un ennemi de la société, un révolté. Aujourd'hui, je rend témoignage que je suis réellement libéré de toutes ces contraites intérieures négatives depuis le jour où j'ai accepté pour moi même, le message de l'évangile. Je ne me drogue plus, je ne bois plus, je ne fûme plus, je n'ai pas de haine pour mon voisin. L'évangile à fait de moi un bon citoyen.
J'ai subi par contre des contraintes extérieures. Ainsi, j'ai dû maintes fois répondre de ma foi chrétienne dans des bureaux de gendarmerie ou de police. Alors, je me pose la question suivante : En quoi l'Islam a-t-il produit chez les représentant du pouvoir d'état des sentiments de respect à l'égard de la créature de Dieu que je suis ? (veuillez trouver ci-joint des photocopies de quelques convocations émanants de ces autorités)
Ma conversion au message de l'Evangile ne dépend aucunement d'une influence occidentale ou néo-impérialiste ni les missionnaires de tout bord, ni les étrangers que j'ai pu cotoyer n'y ont été pour quelque chose. Cela aurait pu être le cas si c'était d'une morale et d'un style de vie dont j'avais soif. En fait, l'Evangile m'a répondu à un niveau infiniment plus élevé et plus profond, de plus, je l'ai découvert en Algérie et par un Algérien.
Je ne prône pas "christianisme religion d'état" et je ne le ferais jamais, pour plusieurs raisons dont la principale est le respect des libertés religieuses. d'ailleurs Jésus-Christ disait (citation de l'Evangile) : " Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, et à césar ce qui est à césar " , montrant ainsi que le religion et état ne sont pas forcées de se marier. Le message du créateur ne saurait être en contradiction avec les droits fondamenteaux de l'homme.
En conclusion, si on tient à incarner " L'unité populaire " jusque dans ses convictions religieuses, je me trouve du coup exclu car non musulman.
Je lance un appel à ceux qui incarnent et glorifient l'Islam sur nos terres algériennes: vous prônez la tolérance et l'humanisme que l'Islam seul aurait aporté de manière parfaite. Le dire, c'est facile ! Mais prouvez-le ! prouvez- le en permettant que les chrétiens algériens aient droit de cité dans la presse ! prouvez-le en respectant leur religion ! prouvez-le enfin en leur permettant d'avoir leur lieux de cultes et leur littérature disponible ! donnez leur la liberté de ce développer comme cela vous est offert dans les pays des "KOUFFARA" (mécréant) où règne plus qu'içi le respect d'autrui.
Mohamed. S
"J'ai l'assurance que
ni la mort
ni la vie,
ni les anges
ni les dominations,
ni les choses présentes
ni les choses à venir,
ni les puissances,
ni la hauteur,
ni la profondeur,
ni aucune autre créature
ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. " (Romains 8:38-39 )
" Il est temps d'instaurer la religion de l'amour " (Aragon)